Installer un dispositif de vidéosurveillance ou de vidéoprotection en France n'est jamais un acte technique anodin. Selon le lieu filmé, la finalité poursuivie et le statut des personnes concernées, les obligations légales varient : autorisation préfectorale, inscription au registre RGPD, information du public, durée de conservation, analyse d'impact. Cette page synthétise le cadre juridique en vigueur, mis à jour selon les recommandations de la CNIL et les textes du Code de la sécurité intérieure.
Vidéosurveillance ou vidéoprotection : quelle différence ?
Le vocabulaire courant utilise indifféremment ces deux termes, mais le droit français les distingue rigoureusement. Cette distinction conditionne les formalités à accomplir, l'autorité compétente et les obligations applicables.
Vidéoprotection
Lieux concernés : voie publique et lieux ouverts au public (commerces, halls d'accueil, parkings publics, agences bancaires, hôtels, restaurants, cinémas).
Cadre : Code de la sécurité intérieure, art. L.251-1 et suivants.
Autorité : Préfecture du département (commission départementale de vidéoprotection).
Formalité : autorisation préfectorale préalable et obligatoire, valable 5 ans.
Vidéosurveillance
Lieux concernés : lieux non ouverts au public (entrepôts, bureaux internes, réserves, locaux techniques, parties privatives d'une copropriété).
Cadre : RGPD et loi Informatique et Libertés du 6 janvier 1978 modifiée.
Autorité : CNIL (contrôle a posteriori).
Formalité : inscription au registre des activités de traitement, pas d'autorisation préalable.
Textes juridiques applicables
Cinq corpus de textes encadrent la captation d'images en France. Tout dispositif doit, selon son contexte, respecter simultanément plusieurs d'entre eux.
Code de la sécurité intérieure
Articles L.251-1 à L.255-1 : régime de la vidéoprotection sur la voie publique et dans les lieux ouverts au public. Définit les finalités autorisées, l'autorisation préfectorale et la durée de conservation maximale.
Code civil
Article 9 : droit au respect de la vie privée et droit à l'image. Toute personne dispose d'un droit exclusif sur son image et peut s'opposer à sa reproduction (Cass. 1re civ., 27 février 2007, n° 06-10.393).
Code pénal
Articles 226-1 et suivants : sanctionnent l'enregistrement et la transmission de l'image d'une personne dans un lieu privé sans son consentement. Peine encourue : 1 an d'emprisonnement et 45 000 € d'amende.
Code du travail et RGPD
Article L.1121-1 et L.1222-4 du Code du travail. Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) : minimisation, finalité, proportionnalité, information préalable et tenue d'un registre des traitements.
Règlement européen sur l'IA (AI Act)
Règlement (UE) 2024/1689 : encadre les systèmes d'analyse vidéo par intelligence artificielle. Interdictions applicables depuis le 2 février 2025, obligations de transparence depuis le 2 août 2026, régime des systèmes à haut risque (biométrie) à compter du 2 décembre 2027. Voir la section dédiée ci-dessous.
Démarches préalables : qui doit faire quoi ?
La procédure dépend directement de la nature du lieu filmé. Une caméra mal déclarée expose l'exploitant à une mise en demeure de la CNIL et à l'invalidation des images comme preuve.
Vous filmez un lieu ouvert au public (commerce, restaurant, hall, parking client)
- Constituer le dossier de demandeFormulaire CERFA n° 13806 téléchargeable sur Service-Public.gouv.fr, accompagné d'un plan de masse, d'un plan détaillé des emplacements et zones couvertes, et de la liste des personnes habilitées à visionner les images.
- Réaliser une AIPD si nécessaireL'analyse d'impact relative à la protection des données est obligatoire dès lors que le dispositif conduit à une « surveillance systématique à grande échelle d'une zone accessible au public » (article 35 du RGPD).
- Déposer le dossier en préfectureDépôt dématérialisé via la téléprocédure du ministère de l'Intérieur. La décision est rendue après avis de la commission départementale de vidéoprotection, présidée par un magistrat.
- Obtenir l'arrêté d'autorisationL'autorisation préfectorale est valable 5 ans à compter de la date de l'arrêté. Elle doit être renouvelée avant échéance pour maintenir le dispositif en service.
- Inscrire le traitement au registre RGPDMême autorisé par la préfecture, le dispositif reste un traitement de données personnelles soumis au RGPD : il doit figurer au registre des activités de traitement de l'organisme.
Vous filmez un lieu non ouvert au public (entrepôt, bureaux internes, atelier)
- Aucune autorisation préfectorale requiseLe dispositif relève uniquement du RGPD et de la loi Informatique et Libertés. La déclaration préalable à la CNIL a été supprimée le 25 mai 2018 avec l'entrée en vigueur du RGPD.
- Inscrire le traitement au registre RGPDLe registre doit préciser la finalité, la base légale (intérêt légitime de l'employeur), les catégories de données, les destinataires, la durée de conservation et les mesures de sécurité. Voir le modèle CNIL.
- Consulter le CSE si applicableDans les entreprises d'au moins 50 salariés, le comité social et économique doit être informé et consulté avant le déploiement de tout moyen de contrôle de l'activité des salariés, en application de l'article L.2312-38 du Code du travail. Dans les entreprises de 11 à 49 salariés, l'information préalable du CSE reste recommandée par la CNIL.
- Informer individuellement les salariésNote de service, annexe au règlement intérieur ou avenant au contrat. L'information collective par affichage ne suffit pas à elle seule pour les salariés. Voir le guide CNIL : Vidéosurveillance au travail.
Ressources officielles pour vos démarches
Cas mixte fréquent : un commerce filme à la fois sa zone de vente (lieu ouvert au public, autorisation préfectorale) et sa réserve (lieu non ouvert au public, RGPD uniquement). Les deux régimes coexistent et doivent être traités séparément dans le dossier.
Zones filmables et zones interdites
Le principe de proportionnalité du RGPD impose de ne filmer que les zones strictement nécessaires à la finalité poursuivie. Certaines zones sont absolument interdites, indépendamment de toute autorisation.
Autorisé Zones filmables
- Entrées et sorties des bâtiments
- Issues de secours et voies de circulation
- Zones de stockage de marchandises ou objets de valeur
- Caisses, comptoirs, guichets, abords des coffres-forts
- Quais de chargement et parkings
- Abords immédiats du bâtiment (avec autorisation préfectorale pour la voie publique)
- Distributeurs automatiques et machines à fonds
Interdit Zones prohibées
- Toilettes, vestiaires, douches, salles de repos
- Locaux syndicaux et locaux du CSE
- Postes de travail en surveillance continue et permanente (sauf manipulation de fonds ou risque exceptionnel justifié)
- Intérieur des immeubles d'habitation et leurs entrées (art. L.251-3 du CSI)
- Voie publique par un particulier ou un commerçant sans autorisation préfectorale spécifique
- Propriétés voisines, même partiellement
Captation sonore : interdite par principe. Coupler un microphone à une caméra de vidéoprotection est prohibé par le Code de la sécurité intérieure, que le micro soit intégré à l'appareil ou relié par un système externe. La CNIL l'a rappelé explicitement dans sa publication du 20 mars 2026. Seuls des dispositifs sonores indépendants, justifiés et proportionnés, peuvent être déployés dans certains lieux recevant du public.
Information des personnes filmées
L'information du public est une obligation incontournable. Elle conditionne la licéité du traitement et la validité des images comme moyen de preuve. La CNIL impose une information sur deux niveaux complémentaires.
Premier niveau : panneau d'affichage visible et permanent
Affiché à toutes les entrées des zones filmées, le panneau doit comporter au minimum :
- Un pictogramme représentant une caméra
- L'identité du responsable du traitement (raison sociale ou nom de l'organisme)
- La finalité du dispositif (sécurité des biens et des personnes, prévention des intrusions, etc.)
- La durée de conservation des images
- L'existence des droits Informatique et Libertés et la manière de les exercer
- Les coordonnées du DPO ou du responsable de traitement
- Le droit d'introduire une réclamation auprès de la CNIL
Second niveau : information détaillée accessible
Conformément à l'article 13 du RGPD, une information complète doit être accessible par un moyen complémentaire : page web dédiée mentionnée sur le panneau, fiche d'information à l'accueil, affiche détaillée dans un lieu central. Les deux niveaux doivent être présents simultanément.
Durée de conservation des images
L'article L.252-5 du Code de la sécurité intérieure fixe un plafond strict pour la vidéoprotection : hormis le cas d'une enquête de flagrant délit, d'une enquête préliminaire ou d'une information judiciaire, les enregistrements sont détruits dans un délai maximum fixé par l'autorisation, qui ne peut excéder un mois. La CNIL applique la même limite d'un mois, au titre du principe de minimisation, aux dispositifs relevant du seul RGPD (lieux non ouverts au public).
| Contexte | Durée recommandée | Durée maximale |
|---|---|---|
| Commerce, bureau, entrepôt standard | 7 à 15 jours | 30 jours |
| Site industriel à risque, manipulation de fonds | 15 à 30 jours | 30 jours |
| Images transmises aux forces de l'ordre (police, gendarmerie, police municipale) | 1 mois maximum à compter de la transmission ou de l'accès (art. L.252-3 du CSI) | |
| Procédure judiciaire en cours | Durée de la procédure (extraction et archivage séparé des séquences concernées) | |
La durée précise doit être inscrite dans l'arrêté préfectoral pour les lieux ouverts au public, et dans le registre RGPD pour les lieux non ouverts au public. Au-delà, l'écrasement doit être automatique. La conservation au-delà du délai légal sans justification expose à une sanction de la CNIL.
Caméras augmentées, intelligence artificielle et VSA
De nombreuses caméras professionnelles intègrent désormais des fonctions d'analyse par intelligence artificielle : détection et classification de personnes ou de véhicules, franchissement de ligne, lecture de plaques (LAPI), comptage, analyse comportementale. Ces « caméras augmentées » restent des traitements de données personnelles et obéissent à un cadre renforcé qui se superpose au régime de la vidéoprotection.
Ce que l'AI Act change pour l'exploitant
- Pratiques interdites depuis le 2 février 2025 : identification biométrique à distance en temps réel dans les espaces accessibles au public (hors exceptions strictement encadrées réservées aux autorités), reconnaissance des émotions sur le lieu de travail et dans les établissements d'enseignement, catégorisation biométrique déduisant des caractéristiques sensibles, constitution de bases de reconnaissance faciale par collecte non ciblée d'images.
- Transparence depuis le 2 août 2026 : l'exploitant d'un système de reconnaissance des émotions ou de catégorisation biométrique doit en informer les personnes exposées (article 50 du règlement).
- Systèmes à haut risque (annexe III, dont la biométrie) : obligations applicables à compter du 2 décembre 2027 pour les systèmes autonomes.
L'exploitant du dispositif est le « déployeur » au sens de l'AI Act : c'est à lui, et non au fabricant de la caméra, qu'incombe la conformité de l'usage sur le terrain, en articulation avec le RGPD (AIPD, proportionnalité, information renforcée).
Caméras augmentées dans les espaces ouverts au public : prudence
La CNIL considère que la plupart des usages de caméras augmentées dans les espaces ouverts au public nécessitent un encadrement légal spécifique ou, à tout le moins, une démonstration stricte de nécessité et de proportionnalité, formalisée dans une AIPD. En juillet 2025, elle a par exemple estimé que l'estimation d'âge par caméra augmentée dans les bureaux de tabac n'était ni nécessaire ni proportionnée. Une fonction d'analyse activable techniquement n'est donc pas pour autant licite juridiquement : chaque cas d'usage doit être évalué avant activation.
VSA : une expérimentation réservée aux autorités publiques
La vidéosurveillance dite « algorithmique » (VSA) issue de l'article 10 de la loi n° 2023-380 du 19 mai 2023 (loi JOP 2024) permet la détection automatique en temps réel de huit événements prédéterminés (mouvements de foule, départ de feu, intrusion, objet abandonné, etc.), sans reconnaissance faciale ni rapprochement biométrique. Après une première tentative de prolongation censurée par le Conseil constitutionnel le 24 avril 2025, l'expérimentation a été prolongée jusqu'au 30 septembre 2027, prolongation jugée conforme à la Constitution (décision n° 2026-902DC du 19 mars 2026).
À retenir pour les exploitants privés : ce régime expérimental est réservé aux services de l'État et aux autorités désignées, pour la sécurisation de manifestations exposées à des risques graves. Un commerçant, un syndic ou une entreprise ne peut pas s'en prévaloir pour déployer une analyse algorithmique sur la voie publique. Les fonctions d'analyse IA de vos caméras doivent être limitées à vos propres espaces, dans le respect du RGPD et de l'AI Act.
Droits des personnes filmées
Toute personne filmée par un dispositif de vidéoprotection ou de vidéosurveillance dispose des droits garantis par le RGPD et la loi Informatique et Libertés. Pour exercer ces droits, voir le guide CNIL des droits.
Droit d'accès
Obtenir la confirmation que des images la concernant ont été enregistrées et en demander la communication, sous réserve des droits des tiers également filmés.
Droit d'opposition
Sous réserve de motifs légitimes, s'opposer à figurer sur les images. En pratique limité dès lors qu'un intérêt sécuritaire prévaut.
Droit à l'effacement
Demander la suppression des images, applicable lorsque la conservation n'est plus justifiée par la finalité du dispositif.
Droit de réclamation
Adresser une plainte à la CNIL ou saisir le tribunal judiciaire en cas de non-respect du cadre légal par le responsable de traitement.
Sanctions encourues en cas de non-conformité
Le non-respect du cadre juridique expose à des sanctions cumulables : administratives prononcées par la CNIL, pénales devant le tribunal correctionnel, civiles devant le juge judiciaire.
| Type de manquement | Fondement | Sanction |
|---|---|---|
| Atteinte à la vie privée par captation d'image dans un lieu privé sans consentement | Art. 226-1 Code pénal | 1 an d'emprisonnement et 45 000 € d'amende |
| Publication ou diffusion non consentie | Art. 226-8 Code pénal | 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende |
| Traitement de données non conforme au RGPD | Art. 83 RGPD | Jusqu'à 20 millions € ou 4 % du chiffre d'affaires mondial annuel |
| Recours à une pratique d'IA interdite (identification biométrique temps réel, reconnaissance des émotions au travail) | Art. 5 et 99 AI Act | Jusqu'à 35 millions € ou 7 % du chiffre d'affaires mondial annuel |
| Détournement de finalité d'un traitement | Art. 226-21 Code pénal | 5 ans d'emprisonnement et 300 000 € d'amende |
| Absence de déclaration au registre des traitements | Art. 30 RGPD | Mise en demeure CNIL, sanction pécuniaire |
| Exploitation sans autorisation préfectorale (lieu public) | Art. L.254-1 du CSI | 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende |
Conséquence pratique : des images obtenues en violation du cadre légal sont irrecevables comme moyen de preuve devant un juge civil ou prud'homal. Un dispositif non conforme est non seulement sanctionné, mais également inutile en cas de litige.
Questions fréquentes
Un commerçant peut-il filmer le trottoir devant sa vitrine ?
Oui, mais sous conditions strictes. Un commerçant peut filmer les abords immédiats de son établissement après information du maire et obtention d'une autorisation préfectorale spécifique au titre de la prévention d'actes de terrorisme (article L.223-1 du Code de la sécurité intérieure). Le champ filmé doit rester strictement limité à la portion de voie publique nécessaire à la sécurité du commerce.
Faut-il toujours déclarer son système à la CNIL ?
Non. Depuis le 25 mai 2018 et l'entrée en vigueur du RGPD, la déclaration préalable à la CNIL est supprimée. Elle est remplacée par l'inscription au registre des activités de traitement, tenu par le responsable de traitement et mis à disposition de la CNIL en cas de contrôle. Pour les lieux ouverts au public, c'est l'autorisation préfectorale qui s'applique, pas une déclaration CNIL.
Un employeur peut-il filmer en continu le poste de travail d'un salarié ?
Non, sauf circonstances exceptionnelles documentées. La surveillance constante et permanente d'un salarié à son poste est interdite par la jurisprudence de la Cour de cassation et la doctrine CNIL. Seules certaines situations à risque (manipulation de fonds, zone sensible) peuvent justifier le filmage d'un poste, à condition que la mesure soit proportionnée et que le salarié en ait été informé individuellement.
Peut-on enregistrer le son avec les caméras ?
Non, par principe. Coupler un microphone à un système de vidéoprotection est prohibé par le Code de la sécurité intérieure. La CNIL a confirmé cette interdiction dans sa publication du 20 mars 2026. Des dispositifs sonores indépendants restent envisageables dans certains lieux recevant du public, sous conditions de proportionnalité, de minimisation et d'information renforcée.
Puis-je activer les fonctions d'analyse IA de mes caméras (détection de personnes, LAPI, comptage) ?
Techniquement oui, juridiquement sous conditions. Chaque fonction d'analyse constitue un traitement supplémentaire qui doit être évalué avant activation : finalité légitime, proportionnalité, AIPD lorsque le dispositif surveille systématiquement une zone accessible au public, information renforcée des personnes. Les fonctions de détection d'intrusion ou de franchissement de ligne sur un site privé posent peu de difficultés. À l'inverse, l'analyse comportementale ou statistique dans un espace ouvert au public appelle la plus grande prudence : la CNIL a par exemple jugé en juillet 2025 que l'estimation d'âge par caméra augmentée dans les bureaux de tabac n'était ni nécessaire ni proportionnée. Voir la section « Caméras augmentées, IA et VSA » ci-dessus.
La reconnaissance faciale est-elle autorisée en France ?
Pas pour les acteurs privés dans les espaces accessibles au public. L'identification biométrique à distance en temps réel y est interdite par l'AI Act depuis le 2 février 2025, hors exceptions strictement encadrées réservées aux autorités (recherche de victimes, menace terroriste imminente, localisation de suspects de crimes graves). Un usage biométrique en environnement privé fermé (contrôle d'accès par reconnaissance faciale de salariés volontaires, par exemple) reste un traitement de données sensibles au sens de l'article 9 du RGPD : il exige une AIPD, une base légale solide et, en pratique, une alternative non biométrique offerte aux personnes.
Quelle est la durée de validité d'une autorisation préfectorale ?
Cinq ans à compter de la date de l'arrêté préfectoral. Le renouvellement doit être demandé avant l'échéance via le CERFA 13806 pour éviter toute discontinuité d'exploitation. Toute modification substantielle du dispositif (ajout de caméras, modification des zones couvertes, changement de finalité) impose une nouvelle demande.
Qu'est-ce qu'une AIPD et quand est-elle obligatoire ?
L'analyse d'impact relative à la protection des données (AIPD ou DPIA) est un document formel évaluant la nécessité, la proportionnalité et les risques d'un traitement. Elle est obligatoire pour tout dispositif conduisant à la « surveillance systématique à grande échelle d'une zone accessible au public » (article 35 du RGPD). Elle doit être conservée par le responsable de traitement et, en cas de risque résiduel élevé, transmise à la CNIL avant mise en œuvre.
Un particulier peut-il filmer la rue devant chez lui ?
Non. Un particulier ne peut filmer que l'intérieur de sa propriété privée. Le champ de vision des caméras doit exclure la voie publique, les propriétés voisines et l'espace public en général. Une caméra mal orientée expose son propriétaire à une amende pouvant atteindre 45 000 € au titre de l'article 226-1 du Code pénal.
Combien de temps conserver les images pour une PME ?
La CNIL recommande une durée comprise entre 7 et 30 jours pour la plupart des entreprises. La durée doit être proportionnée à la finalité : trop courte, elle empêche les vérifications après incident, et trop longue, elle constitue un manquement au principe de minimisation. En pratique, 15 à 20 jours constituent un bon compromis pour un commerce ou un bureau standard.
Sources et textes de référence
- CNIL - La vidéoprotection (page de référence)
- CNIL - Vidéosurveillance et vidéoprotection au travail
- CNIL - Dispositifs de captation sonore associés à la vidéoprotection (publication du 20 mars 2026)
- CNIL - Caméras dites « intelligentes » ou « augmentées » dans les espaces publics
- CNIL - Tout savoir sur l'AIPD
- CNIL - Combien de temps peuvent être conservées les images ?
- EUR-Lex - Règlement (UE) 2024/1689 (AI Act) : interdictions applicables depuis le 2 février 2025, transparence depuis le 2 août 2026
- Légifrance - Loi n° 2023-380 du 19 mai 2023 (JOP 2024), article 10 - expérimentation VSA prolongée jusqu'au 30 septembre 2027
- Conseil constitutionnel - Décision n° 2026-902DC du 19 mars 2026 (conformité de la prolongation de l'expérimentation VSA)
- Légifrance - Code de la sécurité intérieure, articles L.251-1 à L.255-1 (dont art. L.252-3 et L.252-5)
- Légifrance - Code civil, article 9 (respect de la vie privée)
- Légifrance - Code pénal, article 226-1
- Service-Public.gouv.fr - Demande d'autorisation - CERFA 13806
- Ministère de l'Intérieur - Téléprocédure vidéoprotection
- EUR-Lex - Règlement (UE) 2016/679 (RGPD)
- Légifrance - Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 (Informatique et Libertés)
- Instruction du 20 mars 2024 (IOMD2405307J) - Mise en conformité du régime de la vidéoprotection avec le droit européen relatif à la protection des données
Cette page a une vocation informative. Elle ne se substitue pas à un conseil juridique personnalisé. Pour tout projet sensible (déploiement à grande échelle, caméras augmentées, reconnaissance, captation sonore), une analyse spécifique par un DPO ou un avocat spécialisé est recommandée. Dernière mise à jour : août 2026.